| Auteur | Anthony |
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| Catégories | Électronique, Projet de Groupe |
Utilisation d'un moteur triphasé avec réducteur d'occasion avec une alimentation monophasée 220V.
Licence : Mot(s)-clé(s) : Triphasé, Moteur
Il est courant de trouver des moteurs triphasés avec réducteur sur le marché de l'occasion à des prix raisonnables. Ces moteurs sont prévus pour fonctionner avec une alimentation à 3 phases 230V/400V et ne sont pas directement compatibles avec l'alimentation 220V standard. Néanmoins, il est quand même possible de les faire fonctionner avec un montage électronique adapté.
Dans ce projet, on va essayer de procéder étape par étape en capitalisant les informations utiles et en indiquant les problèmes rencontrés.
Dans le cadre du projet plastique, on cherche des moteurs pour l'extrudeuse et la broyeuse. Dans les deux cas on a besoin d'un moteur avec réducteur mais les spécifications différentes.
Pour la broyeuse (shredder V2 Precious Plastic) il est préconisé d'utiliser un moteur de 2ch à 3 ch avec une vitesse 30 à 100 tours/minute.
Pour l'extrudeuse on a besoin d'un couple moins important, de l'ordre de 150 kg.cm et d'une vitesse modérée, entre 10 et 50 tours/minute.
Rendez-vous est pris avec le vendeur. Il nous propose de tester le moteur chez lui avant l'achat avec la méthode du condensateur. Bonne idée, on va apprendre un truc au passage et voir tourner le moteur.
Découverte du moteur
Cablage moteur (voir photos)
Branchement du moteur (voir photos)
Démarrage du moteur
De retour au lab, grace aux photos et aux docs disponibles sur internet, on peut analyser le cablage réalisé pour pouvoir le reproduire.
Cablage moteur triphasé (voir photo et schéma)
Branchement moteur monophasé (voir photo et schéma)
Le montage avec condensateur est pratique pour tester un moteur mais la 3ème phase générée est imparfaite et on ne peut pas contrôler le courant qui passe dans le moteur.
Il existe des appareils spécifiques appelés VFD (variateur de fréquence) qui permettant de générer du courant 3 phases et de piloter la vitesse et le sens de rotation de manière sécurisée.
Pour contrôler les moteurs en sécurité au lab nous avons acquis un Minleaf AT1-2200X (puissance max = 2200W) (Merci Jean-Michel).
Découverte du VFD
Documentation associée
Avant de brancher le moteur sur le VFD, il faut savoir quel cablage est utilisé (étoile, triangle) et identifier le plots sur lequels effectuer le branchement.
Tests d'impédance Jean-Michel
Problème : Jean-Michel qui a effectué les mesures n'est pas rassuré. Les données qui sortent lui semblent bizarres et il a l'impression que les enroulements ont fondu dedans…
Anthony fait savoir qu'on a acheté deux moteurs identiques mais que le second n'a pas été testé sur place. Jean-Michel aurait il entre ses mains le Moteur 2 et celui ci serait il grillé ?
Le fablab est fermé depuis hier mais par chance le moteur 2 est stocké chez Anthony donc on peut prendre des photos des deux moteurs et jouer aux différences…
Bilan du jeu des différences
Suite aux questions de Jean-Michel, Anthony essaie de faire les mêmes tests que Jean-Michel avec un petit multimètre de bricolage.
Test d'impédance Anthony (Moteur 2)
A suivre…
La nuit est passée, on peut reprendre les mesures à tête reposée du moteur 2 pour voir si c'est l'opérateur ou l'appareil qui pose souci.
On voit très vite que la mesure est instable si on la prend au niveau des écrous, par contre c'est stable si on se branche sur l'arrivée des fils noirs. Peut être des soucis d'oxydation ? Ce n'est pas bloquant mais il faudra revoir ça si ça pose problème avec le VFD.
Le test consiste à utiliser le multi-metre en mode “ohm-metre et continuité” et à passer sur les 6 plots (U1,V1,W1,W2,U2,V2) de manière systématique. La mesure est redondante puisqu'on visite 2 fois chaque connexion mais c'est complet ! Les mesures sont reportées dans les tables sur une feuille de papier (voir photo ci joint).
On peut maintenant reprendre le schéma de Jean-Michel et reporter les mesures dessus pour se comparer.
Bilan des mesures : le moteur 2 testé par Anthony est cablé de manière identique au moteur 1 testé par Jean-Michel. Les valeurs sont un peu différentes mais la règle est la même.
Ca nous rassure, on peut maintenant passer à l'étape suivante : essayer d'interpréter le résultat en terme de bobinage et cablage du moteur.
Question : est ce que le moteur est cablé en étoile, en triangle ou pas cablé du tout à ce stade ?
La mesure des résistances étant cohérente, on peut essayer de trouver quel est le schéma de cablage correspondant.
Première constatation : on a mesuré résistances allant de 74 à 133 Ohm entre les plots donc ça ne peut pas correspondre à un couplage triangle ou étoile classique où certains plots sont reliés deux à deux avec des plaques en cuivre.
Par chance ou désespoir, en grattant un peu dans Google images avec les mots clés résistance et triphasé, je suis tombé sur la page web suivante très bien intitulée : Comment identifier un moteur triphasé sans plaque signalétique ?
Le schéma “Couplage Triangle” dans la section 2. Moteur 2 vitesses à couplage Dahlander : a l'air bien sympa avec des résistances entre tous les plot. Allez ça se tente !
Question : comment est ce qu'on calcule la résistance équivalente entre deux plot dans un circuit comme celui ci ?
Rappel du cours d'électricité :
Je vous passe le petit jeu de recherche de connexions somme toute sympathique à faire mais ça se présente plutôt bien : les résistances équivalentes calculées pour relier U1 et V1 aux autres plots sont égales à 5/6*R, 4/3*R ou 3/2*R, ça fait 3 valeurs différentes comme nous !
En prenant comme référence Req1 = U1-U2 = 5/6*R mesuré à 74 Ohm sur le moteur 2, on trouve R = 6/5*74 = 88.8 Ohm, ce qui donne Req2 = 4/3*R = 118.4 et Req3 = 133.2 ! Hourra, ça matche !
En y regardant de plus près il reste tout de même un problème : les résistances ne sont pas à la bonne place dans le tableau. Par exemple V1-W1 = Req3 sur le schéma et on mesure Req2 alors que U1-V2 = Req1 et on mesure Req3 ! Zut, c'est pas encore bon !
Conclusion : on approche du but mais l'enquête n'est pas terminéé…
Sur le site de Labobine il est indiqué qu'il y a différentes possibilités d'enroulements sur les moteurs à 2 vitesse.
En partant d'un schéma classique et en inversant les points de connexion de V1 et W1, on forme un montage “Dalhander spécial” qui donne les mêmes valeurs de résistance que ce que l'on a mesuré (voir illustration ci contre). Est ce la seule possibilité et est ce que ça caractérise le moteur ?
Dernier point à noter : le moteur avait deux cables branchés sur les plots (U1,V1,W1) et (W2,U2,V2) respectivement (il reste le bout des cables triphasés sur le moteur 2 et pour les deux moteurs des étiquettes U,V,W avec les identifiants 7,6,5 et 4). Ca pourrait être justifié par l'usage de 2 vitesses. C'est un point à creuser pour pouvoir piloter correctement ces moteurs avec le VFD.
Les plots ont été nettoyés et vérifiés. Le cablage est réduit aux seules bornes utiles pour le test : W2,U2,V2 et M2.
Les fils sont sortis du boitier par un des passe-cable et branchés sur un gros domino électrique pour faciliter les connexions.
On ajoute un boitier électrique avec 4 disjoncteurs pour isoler notre montage du reste de l'installation.
Suite à notre enquête on peut penser que notre moteur est de type Dahlander avec une configuration spéciale des plots V1 et W1. Sur les schémas ci contre, on a représenté le cablage en triangle en série actuel (basse vitesse), et le cablage en double étoile (haute vitesse) associés.
Remarques importantes :
Conseil : bien noter le cablage effectué (avec le numéro des phases) et le sens de rotation du moteur lors des tests.